CHAMBRE CRIMINELLE- A perpétuité est la sentence prononcée par la cour contre Badou FAYE dit «Commissaire»

(Par ABADIADA)-A perpétuité est la sentence prononcée par la cour contre Badou FAYE dit «Commissaire»;Ibrahima SARR dit Louka; Mamadou Dame TOURE et Moustapha THIAM.
La « perpétuité ». C’est la sentence rendue, ce mardi 10 avril 2018, aux environs de 02 heures du matin, par la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de Thiès contre une bande de quatre malfrats, poursuivis pour association de malfaiteurs criminelle, vol en réunion avec usage d’arme et de violences ayant entraîné la mort. L’affaire des marchands ambulants Ibrahima Sarr dit Louka, né en 1981 à Kaolack, domicilié à Mbour, Badou Faye dit Commissaire, né en 1987 à Tivaouane où il réside, Mamadou Dame Touré, domicilié à Diourbel où il né en 1982 et Moustapha Thiam, demeurant à Kaolack où il né en 1992, constitue la première affaire inscrite au rôle de la première journée comptant pour la présente session de la Chambre, qui se tient du lundi 09 au jeudi 12 avril 2018.
Badou Faye dit «Commissaire» et sa bande de copains, tous marchands ambulants de leur état, vont devoir finir le reste de leur vie en prison. Aux mis en cause, il est reproché d’avoir, à Tivaouane, ce 21 janvier 2015, formé une association de malfaiteurs criminelle, et frauduleusement, soustrait un téléphone portable appartenant à Mamadou Doki Diouf, avec la circonstance que ledit vol a été commis la nuit avec usage d’arme et de violences ayant entrainé la mort. D’ailleurs il ressort du certificat de genre de mort établi par le médecin-chef de l’hôpital Abdoul Aziz Sy Dabaakh, Dr Aïssatou Barry, que la vicitme, ayant succombé à ses blessures, est décédée des suites d’une « hémorragie massive consécutive à une plaie profonde au niveau du thorax ». Ledit document fait état d’un « traumatisme thoracique avec une plaie de la partie postérieure gauche circulaire profonde (environ 4 centimètres), une hémorragie et une plaie superficielle linéaire au niveau lombaire », avant de conclure à un « décès par hémorragie massive suite à un traumatisme thoracique ».
Ce 21 janvier 2015, le commissaire urbain de Tivaouane, suite à un appel téléphonique l’informant de la présence, au quartier Keur Masse, d’un groupe d’agresseurs qui auraient poignardé un individu et seraient, par la suite, en train d’être lynchés par une foule, avait déployé sur lesdits lieux ses éléments qui procéderont à l’interpellation des sieurs Ibrahima Sarr dit Louka, Badou Faye dit Commissaire, Mamadou Dame Touré et Moustapha Thiam, et en même temps, à l’identification de la victime, Mamadou Doki Diouf, lequel, évacué à l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy Dabaakh, devait succomber à ses blessures quelques minutes plus tard. Aux juges, Lamine Diouf, père de la victime, a fait savoir que son « fils, qui était exemplaire et ne consommait ni alcool ni tabac, était parti en ville faire des achats avant de retourner aux champs ».
L’inculpé Moustapha Thiam, revenant sur ses déclarations antérieures, a soutenu qu’il était ivre lors de son audition par les policiers, « lesquels m’avaient promis de me libérer si je reconnaissais les faits », dit-il. Il fait savoir qu’ayant quitté Thiès pour rallier la ville sainte de Ndiassane en compagnie de ses co-mis en cause, le groupe de copains s’était arrêté au quartier Keur Masse, à Tivaouane, pour boire de l’alcool dans une maison en construction, avant que lui-même, dit-il, ne se rende dans une boutique du coin pour se payer de la cigarette. Et de poursuivre que c’était en ressortant de la boutique qu’il avait vu ses compagnons se bagarrer avec la victime, précisant être intervenu juste pour les séparer. Avant de soutenir « ne pas savoir celui qui avait poignardé la victime ». le nommé Cheikh Ndiaye, pour sa part, déclare avoir entendu, en sortant des toilettes, des échanges de coups de poing et les complaintes d’une personne qui semblait souffrir, avant d’apercevoir quatre individus s’acharner sur une personne étendue par terre, et qui était en train d’être palpé par ses agresseurs dont les uns demandaient aux autres de lui vider les poches et de lui prendre son téléphone portable. Et d’ajouter être aussitôt sorti pour appeler au secours, avant de poursuivre les suspects qui seront, par la suite, appréhendés avec le concours des jeunes du quartier. Un autre mis en cause, Badou Faye, de confirmer les déclarations de son co-inculpé, Moustapha Thiam, sur leur périple et le fait qu’ils avaient consommé de l’alcool. Toutefois il conteste avoir agressé Mamadou Doki Diouf et soutient qu’une foule les ayant hélés à hauteur du terrain de Keur Masse, les accusant de vol, c’est ainsi qu’ils avaient pris la fuite de peur d’être lynchés. Leur copain, Mamadou Dame Touré, abonde dans le même sens. Il soutient que des jeunes du quartier Keur Masse, les ayant vus ivres, les avaient pris à partie. Quant à Ibrahima Sarr, lui, il maintient que c’est en sortant d’une boutique qu’il avait entendu des cris «au voleur». C’est en ce moment, dit-il, qu’il a pris la fuite avec ses compagnons, avant d’être appréhendés. Il précise « n’être ni voleur ni agresseur ». Mohamed Lamine Ndiaye, fils de Cheikh Ndiaye, tous des témoins, dit avoir participé à la poursuite des mis en cause la nuit des faits en compagnie de son ami Abdoul Aziz Diop. Ce dernier, lui, de préciser avoir vu la victime tituber avant de s’affaler. Et d’ajouter que la victime « saignait abondamment », cependant il avait pu leur indiquer que « ce sont les mis en cause qui s’éloignaient pour disparaitre dans la nature qui l’avaient agressé et délesté de son téléphone portable ».
Les dénégations des mis en cause et le revirement de Moustapha Thiam à l’instruction, procèdent-ils d’une vaine tentative de se soustraire à l’action de la justice ? Le fait pour les inculpés d’avoir cheminé ensemble jusqu’à Keur Masse, où ils avaient bu de l’alcool dans une maison en construction, n’achève-t-il pas de convaincre sur leur intention de former une bande de malfaiteurs en quête de proie ? En tout état de cause, l’avocat général, Cheikh Ndiaye Seck, dans son réquisitoire, a demandé la perpétuité. Et le président de la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de Thiès, Modou Mar Ndiaye, lui, de le suivre pour prononcer ladite peine contre Ibrahima Sarr dit Louka, Badou Faye dit Commissaire, Mamadou Dame Touré et Moustapha Thiam.
 
 

Commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *